Le troisième jour

Au petit matin du troisième jour, les hommes de la famille du marié ont procédé au sacrifice et au découpage d'un bœuf, tandis qu’un chef cuisinier (parent de Ahmed) se chargeait de préparer le couscous rituel, secondé par les femmes et deux hommes de la famille. En effet, dans la maison du marié, un dîner auquel étaient conviés tous les villageois de Kesra, a été donné. Ce dîner s’est prolongé par une soirée musicale en l’honneur du marié. Cette soirée fut l’occasion pour les villageois de contribuer aux dépenses occasionnées par le mariage à travers le rituel du chied ou taourich. A la suite de ce rituel, les azzebas accompagnés des musiciens ont animé une série de mises en scène et de jeux. A cette occasion, il est courant qu'un homme se déguise en femme et se livre à une danse en public. De leur côté, les danses des femmes se sont déroulées dans l’intimité et en cercle restreint, tout au long de la journée.
Pour la famille de la mariée, ce troisième jour fut un jour de repos, appelé n'har leguième. La jeune fille a profité de ce moment pour se consacrer aux rituels de préparation du corps : elle a pris son bain, s’est fait épiler, puis tatouer au hargousLe hargous est un produit de tatouage éphémère, obtenu principalement à partir de différents ingrédients : antimoine, noix de galle, clous de girofle, écorce de noyer (suie). . C'est la dernière journée que la mariée passe chez ses parents, c’est un moment de transition qui, à travers le processus de transformation du corps, marque le passage du statut de jeune fille célibataire à celui de femme mariée – elle est désormais appelée sultane (soltana) et le marié sultan (soltan