Le trousseau et l’alega

Le « dépôt du trousseau » et le don de « l'alega » sont deux rituels distincts, s'étalant habituellement sur deux jours ; les familles d'Ahmed et Sabriya ont choisi de les réunir.
L’alega est un couffin cousu contenant des produits de beauté et des effets de toilette destinés à la mariée. On y trouve notamment les produits nécessaires à la fabrication du khôl , du hargousLe hargous est un produit de tatouage éphémère, obtenu principalement à partir de différents ingrédients : antimoine, noix de galle, clous de girofle, écorce de noyer (suie). (noix de galle, antimoine, clous de girofle, écorce de noyer), différents éléments composant l’encens nécessaire à la protection contre le mauvais œil et les actes maléfiques (racine de téléphium d’imperato, benjoin, ambre, charbon à glu, alun…), des sucreries (sucre en morceaux, confiseries, raisins secs), des effets de toilette ou de maquillage (bâton de rouge à lèvres, crème Nivea, fard à joue, argile, petit miroir à main, peigne, peigne fin, feuilles de henné séchées, gomme arabe, un flacon de parfum, un savon et douze bougies). L’alega constitue un don très important car son contenu va permettre à la mariée de se préparer pour le jour du mariage. La manipulation du couffin doit se faire avec beaucoup de prudence au moment de son remplissage, car il est exposé au mauvais œil, aussi la mère du marié le remplit-elle souvent en secret. A l’inverse, il est de bon augure que le miroir soit le premier objet touché par la mariée lorsqu’elle découvre les présents contenus dans le panier.
Le trousseau quant à lui est préparé par toutes les jeunes filles, depuis leur plus jeune âge et tout au long de leur vie. Il doit contenir tout ce qui est nécessaire à la femme, sa vie durant, c’est à dire les ustensiles de cuisine, la vaisselle, les couvertures et le tapis, etc. Autrefois, le transport du trousseau se faisait à pieds et dans des baluchons, ils renfermaient tout ce que la jeune fille a fabriqué seule ou aidé par sa mère : ustensiles en poterie, éléments tissés (couverture, kilim …) ainsi que d’autres objets généralement achetés à Kairouan. L’exposition du trousseau révèle par l’ostentation des objets la rivalité qui se joue entre les familles des époux au moment du mariage.