Stéphane explique qu’il a été confronté à beaucoup d’insultes verbales homophobes (« tapette, PD... ») mais qu’il a intériorisé cette souffrance. Il a réalisé qu’« Être homosexuel c’est être victime d’insultes, être marginalisé ».
Alain, quant à lui, nous dit que le fait d’être homosexuel est une chance car il a le sentiment que ça lui a ouvert l’esprit et qu’il a le sentiment de pouvoir accepter plus facilement que les autres aient un positionnement qu’il ne partage pas.
Stéphane nous raconte qu’une de ses expériences la plus violente en matière d’homophobie s’est déroulée tandis qu’il cherchait un appartement pour s’installer à Paris avec Alain. Au téléphone, la personne lui a posé les questions classiques sur ses revenus, s’il recevait beaucoup etc. et qui était la personne avec laquelle il s’installait, si elle était de couleur, sa profession. A ce moment là, il a annoncé que lui c’était Stéphane et qu’il comptait s’installer avec Alain, qu’Alain, c’était aussi un garçon. Il raconte que son interlocutrice est devenue « hystérique ».
Le refus du mariage homosexuel se fonde sur une certaine définition de la famille que l’on retrouve aussi dans le code civil qui ne prend actuellement en compte que la possibilité du mariage entre un homme et une femme.
Cependant, si l’on accepte que l’homophobie puisse se définir comme toute attitude ou tout acte qui va dans le sens d’un rejet, d’une injustice ou d’une violence envers une personne homosexuelle ou identifiée comme telle, l’impossibilité en France du mariage pour les homosexuel(le)s n’en relève-t-elle pas ?
Ne pourrait-on pas parler d’homophobie d’État à travers l’inégalité instituée entre les sexualités, en particulier à travers le mariage et la famille, même si pendant les débats sur le PaCS, personne ne se voulait homophobe et si aujourd’hui la loi, justifiée par de nombreuses études , s’est prononcée contre l’homophobie ?
Comme le disent Éric et Philippe ainsi qu’Alain et Stéphane, le PaCS est une forme de sous-mariage dont la violence symbolique se manifeste aussi par le fait de devoir enregistrer leur contrat d’union au Tribunal aux côtés de justiciables et non pas dans le cadre d’une cérémonie à la mairie. Ce qu’ils dénoncent dans le PaCS et ses modalités, c’est l’idée de « tolérance » ; tandis que le mariage leur accorderait une « reconnaissance publique » d’un lien privé.
Stéphane Abriol