Revendication du droit au mariage pour les couples homosexuels

Eric

Éric, Martinique, décembre 2001 © MuCEM. Tous droits réservés.

Pour de nombreu(ses)x homosexuel(le)s, le PaCS n’est rien d’autre qu’un sous-mariage qui renvoie à une représentation de sous catégorie humaine les homosexuel(le)s !

« Le mariage homosexuel pour être franc ne nous a jamais paru une revendication prioritaire ou répondant à un besoin personnel (si demain une loi étais voté le légalisant je ne suis pas du tout persuadé que nous souhaiterions nous marier). L’exigence d’un PaCS relevait, pour nous, surtout du besoin de régler des questions « matérielles », et je l’ai dit, d’un acte militant vu l’hostilité que rencontrait à l’époque l’idée d’union homosexuelle.
L’idée même du mariage reste à mes yeux trop connotée sur un plan idéologique et religieux comme ne répondant pas à l’idée que je me fais du choix de vivre avec quelqu’un et comme « déconnectée » des choix amoureux (je n’ai nullement besoin d’un mariage pour « reconnaitre » un lien amoureux entre deux personnes, homosexuelles ou hétérosexuelles).
Ceci dit, et pour une question évidente d’égalité des droits, je soutiens pleinement la revendication du mariage homosexuel. Je n’ai toujours pas compris au nom de quel droit ou de quelles valeurs on devrait interdire le mariage aux couples homosexuels ? Comme pour le PaCS en son temps, peu importe que j’adhère ou non à l’idée de me marier : c’est une question de liberté et d’égalité, et le combat militant mené sur ce sujet me parait très révélateur des blocages actuels de la démocratie française. La République s’honorerait d’officialiser ainsi son refus de toute discrimination ».

Éric et Philippe

Pouvoir aussi choisir de ne pas se marier, de ne pas avoir d’enfants… !
Le refus du mariage homosexuel se fonde sur une certaine définition de la famille que l’on retrouve aussi dans le code civil qui ne prend actuellement en compte que la possibilité du mariage entre un homme et une femme.
Cependant, si l’on accepte que l’homophobie puisse se définir comme toute attitude ou tout acte qui va dans le sens d’un rejet, d’une injustice ou d’une violence envers une personne homosexuelle ou identifiée comme telle, l’impossibilité en France du mariage pour les homosexuel(le)s n’en relève-t-elle pas ?
Ne pourrait-on pas parler d’homophobie d’État à travers l’inégalité instituée entre les sexualités, en particulier à travers le mariage et la famille, même si pendant les débats sur le PaCS, personne ne se voulait homophobe et si aujourd’hui la loi, justifiée par de nombreuses études , s’est prononcée contre l’homophobie ?
Comme le disent Éric et Philippe ainsi qu’Alain et Stéphane, le PaCS est une forme de sous-mariage dont la violence symbolique se manifeste aussi par le fait de devoir enregistrer leur contrat d’union au Tribunal aux côtés de justiciables et non pas dans le cadre d’une cérémonie à la mairie. Ce qu’ils dénoncent dans le PaCS et ses modalités, c’est l’idée de « tolérance » ; tandis que le mariage leur accorderait une « reconnaissance publique » d’un lien privé.
Stéphane Abriol