Le divorce en Israël : le get

Le divorce selon la loi juive et israélienne est entériné par un acte de divorce écrit en araméen : le get. Celui-ci ne s’obtient qu’avec l’accord du mari de son plein gré, et après une cérémonie rituellement fixée devant un tribunal rabbinique. Ainsi, en présence du couple, un scribe rédige à la main le texte standard du get puis il est signé par deux témoins et remis par le mari à sa femme, qui ayant ôté les bagues de ses doigts, l’accepte en levant les deux mains, paumes ouvertes. Le rabbin prend ensuite le document, le plie en quatre et le coupe de façon à ce qu’il ne soit pas ré-utilisable ; puis il donne à la femme un document (ptor) attestant qu’elle est divorcée. Elle peut ainsi se remarier religieusement après avoir attendu 90 jours (pour s’assurer qu’elle n’est pas enceinte de son premier époux).
Depuis le décret du sage Gershom Meor ha-Golah (XIème siècle), le consentement de la femme est requis dans le monde ashkénaze et dans la plupart des communautés aujourd’hui. Toutefois, cette procédure entraîne des situations où la femme désirant divorcer ne peut le faire car son mari refuse de lui donner ce document et du coup ne peut se re-marier selon la loi juive ; en terme religieux, elle devient une agouna, une femme « liée ou ancrée » ne pouvant se remarier tant qu’elle n’obtient pas cet acte de divorce. Toute relation qu’elle aura avec un autre homme sera considérée comme adultérine et tout enfant qui naîtrait de cette union aura le statut de mamzer (dont une traduction maladroite serait « enfant adultérin ») qui empêcherait cet enfant par la suite de contracter un mariage juif orthodoxe.

En revanche, sans le get, le mari peut avoir une relation avec une autre femme et un enfant issu de cette union n’aura pas le statut de mamzer (à condition que la femme soit célibataire, veuve ou divorcée religieusement), exprimant donc clairement la hiérarchie des genres.