Le bain rituel : le mikveh

La veille du mariage, la mariée se rend au bain rituel ou mikveh, pour se purifier en vue de la cérémonie nuptiale. Elle est parfois accompagnée de quelques amies, de sa mère et sa belle-mère et d'autres femmes de sa famille. La mère prépare parfois à cette occasion un grand plateau de pâtisseries (beignets au miel, entre autres, qui sont signe de fertilité et de douceur).

Avant de s'immerger dans le bain rituel (une sorte de petite piscine individuelle), la jeune femme doit d'abord se doucher longuement et ôter tout objet de son corps qui pourrait entraver une purification totale; elle doit donc enlever tous ses bijoux (chaînes, bagues, boucles d'oreilles) et toute trace de maquillage ou de vernis à ongle ; elle doit se couper les ongles, se brosser les dents et laver et démêler ses cheveux.

Quand elle est prête, une femme qui travaille au bain rituel l'inspecte et lui demande si elle a bien compté les sept jours "purs" après ses règles. Elle la mène ensuite au bain et lui fait répéter une bénédiction pour l'immersion dans le mikveh. C'est à ce moment que dans certains cas les femmes qui l'accompagnent participent au rituel en spectatrices. La femme chargée du rituel prononce alors des prières de bonheur et de fertilité pour la jeune mariée. Ici, ce sont à la fois les valeurs de la fertilité mais aussi les vertus de la pureté de la femme qui sont mises en avant comme signe de la féminité.

C’est aussi dans ce lieu que se rendra chaque mois, et ce jusqu’à la ménopause, toute femme juive pratiquante mariée, à la fin de la période d’impureté ou après un accouchement, avant d’avoir à nouveau des relations sexuelles avec son mari, relations prohibées durant toute la période précédant cette purification rituelle. Le mikveh symbolise donc le statut de femme mariée, sexuellement active, et c'est pourquoi les femmes divorcées ou les veuves ne sont pas tenues de s'y rendre.

Quand la jeune mariée se rhabille et rejoint ses proches, c’est le moment de déguster les sucreries et de venir l'embrasser et la féliciter, comme si ce premier rite de passage dans le processus du mariage lui donnait déjà le statut d’épouse.
Par ailleurs, le mikveh est un lieu des plus importants pour toute communauté juive, car il permet la purification des personnes (hommes et femmes) et des ustensiles (en particulier pour cuisiner) mais détient également une fonction centrale dans la phase ultime de conversion au judaïsme.

Aussi, certains hommes pratiquants s’immergent-ils dans ce bain rituel la veille de Yom Kippour (le Jour du Grand Pardon) et avant le chabbat. Il existe des règles précises (dans le traité Mikvaot de la MichnahLa Michnah désigne la loi orale, mise par écrit autour du IIIème siècle en un recueil de débats et discussions juridiques, et constitue la base du Talmud qui regroupe les traités de la Michnah et les commentaires rabbiniques à leur propos (la Guémara). ) sur l’origine et la quantité d’eau requise et les matériaux et le mode de construction d’un mikveh, qui se trouve aujourd’hui généralement dans les sous-sols des synagogues en diaspora ou dans une structure séparée, comme en Israël