La naissance

Naissance

Stéphane, Marseille, 6 mois, 1968 © MuCEM. Tous droits réservés.

« Toute naissance est vécue dramatiquement par le groupe en son entier, elle n’est pas la simple addition d’un individu supplémentaire à telle ou telle famille, mais une cause de déséquilibre entre le monde des hommes et l’univers des puissances invisibles, la subversion d’un ordre que le rituel doit s’attacher à rétablir » écrit l’ethnologue Pierre Clastres à propos des indiens Guayaki.

La fonction du rite est essentielle pour restaurer le désordre que toute nouvelle naissance instaure.

Les rites religieux ou profanes effectués au moment de la naissance visent donc à rétablir l’ordre et à inscrire le nouveau-né dans un groupe familial et social. Les rites religieux peuvent tantôt sexualiser l’enfant, comme chez les juifs qui pratiquent la circoncision du bébé mâle, tantôt ne pas faire de différence, comme dans le cas du baptême chrétien.

Clastres Pierre, Chronique des indiens Guayaki, Paris, Plon (coll. Terre Humaine), 1972, p. 12